Vous montez dans une voiture neuve. L’écran central vous propose de la musique, des podcasts et même vos stations habituelles. Tout semble normal.
Pourtant, derrière cet écran, quelque chose est en train de changer discrètement : certaines voitures neuves peuvent désormais être commercialisées sans véritable récepteur radio FM ou DAB+.
Autrement dit, ce que vous prenez pour « la radio » peut en réalité être une radio reçue par Internet.
Tant que la connexion fonctionne, la différence est presque invisible.
Mais que se passe-t-il lorsque le réseau mobile disparaît ?
La question est suffisamment sérieuse pour que Radio France, les radios privées et les radios associatives aient demandé, le 21 septembre 2026, que l’accès direct et gratuit à la FM et au DAB+ soit garanti dans les véhicules.
Et le Parlement français travaille désormais lui aussi sur le sujet.
Pas de toutes les voitures.
Il faut être précis.
De très nombreux véhicules conservent encore un véritable récepteur FM et/ou DAB+. Mais les constructeurs développent parallèlement des véhicules toujours plus connectés, dont les fonctions multimédias passent en grande partie par Internet.
La proposition de loi déposée au Sénat en juin 2026 parle elle-même d’une « évolution préoccupante observée chez certains constructeurs automobiles », qui tendent à supprimer les récepteurs intégrés au profit de services connectés et de plateformes en ligne.
Le phénomène existe donc bel et bien. Et il peut facilement passer inaperçu au moment de l’achat.
Parce qu’une station de radio reçue par Internet ressemble… à une station de radio.
Vous touchez le nom de la station sur l’écran, le son arrive dans les haut-parleurs et, pour l’utilisateur, tout fonctionne.
Pourtant, techniquement, les deux systèmes sont très différents.
Avec une radio FM ou DAB+, la voiture reçoit directement un signal diffusé par voie hertzienne.
Avec une radio Internet, elle doit passer par un réseau de données.
Il faut donc une couverture mobile ou Wi-Fi disponible, une infrastructure de télécommunication opérationnelle et, selon le véhicule et le service utilisé, éventuellement une connexion ou un abonnement permettant l’accès aux données.
C’est cette dépendance supplémentaire qui change la nature du service.
Chez Tesla, il faut être particulièrement prudent avant de généraliser, car les fonctions disponibles peuvent varier selon le modèle, le millésime et surtout la configuration matérielle du véhicule.
La documentation Tesla actuelle indique d’ailleurs explicitement que certaines fonctionnalités peuvent varier suivant le matériel installé.
Sur les véhicules équipés du matériel correspondant, le manuel Model 3 répertorie notamment des modules de réception FM et DAB.
Mais Tesla développe parallèlement un environnement dans lequel une grande partie des médias passe par la connectivité.
Avec la Connectivité Standard, Tesla prévoit notamment le Bluetooth et l’utilisation de nombreuses fonctions via Wi-Fi. La Connectivité Premium permet d’accéder aux fonctions connectées via le réseau cellulaire du véhicule, notamment au streaming musical et multimédia. Tesla précise également que certaines fonctions accessibles en Wi-Fi peuvent être utilisées avec le partage de connexion d’un téléphone.
Cela donne une règle simple avant l’achat :
ne vous contentez pas de vérifier que vous pouvez écouter une station sur l’écran.
Demandez si votre configuration précise dispose réellement d’un récepteur FM/DAB+ indépendant de la connexion Internet.
Au quotidien, elle n’est pas forcément importante.
Pour quelqu’un qui écoute essentiellement Spotify, Deezer, Apple Music, des podcasts ou la radio via une application, la réception hertzienne peut même sembler presque dépassée.
Et il n’y a rien de problématique à préférer ces services.
Mais les deux technologies ne répondent pas exactement au même besoin.
Une connexion Internet nécessite une chaîne complète : votre voiture, une antenne mobile, le réseau de l’opérateur, des infrastructures informatiques et éventuellement le serveur du service que vous utilisez.
La radio hertzienne fonctionne différemment : un émetteur diffuse, et une multitude de récepteurs peuvent recevoir simultanément le signal sans connexion individuelle à Internet.
C’est probablement le point le plus étonnant.
Dans son kit d’urgence 72 heures, la Sécurité civile française recommande officiellement de prévoir :
une radio à piles, avec des piles de rechange, afin de suivre les consignes des autorités.
Elle figure aux côtés de l’eau potable, de la trousse de premiers secours, de la lampe de poche, des médicaments et du chargeur de téléphone.
Ce conseil ne signifie évidemment pas qu’il faut s’attendre demain à une catastrophe.
Il répond simplement à un principe élémentaire de résilience : dans une situation exceptionnelle, il vaut mieux disposer de plusieurs moyens différents pour recevoir l’information.
Une coupure de courant peut empêcher de recharger les téléphones.
Une catastrophe naturelle peut endommager certaines infrastructures télécoms.
Un réseau mobile peut aussi être fortement sollicité. Dans ces situations, une réception radio indépendante d’Internet conserve un intérêt évident.
Le 21 septembre 2026, Radio France, l’Alliance de la Radio et les représentants des radios associatives ont publié une position commune.
Ils demandent que soit garanti dans les véhicules un accès direct et gratuit à la radio hertzienne FM et DAB+.
Leur communiqué évoque explicitement les situations de crise dans lesquelles les infrastructures de télécommunication peuvent être affectées.
Il faut naturellement replacer cette prise de position dans son contexte : ce sont les acteurs du secteur de la radio qui défendent l’accessibilité de leur média. Mais leur intervention repose sur un phénomène réel : plusieurs constructeurs commercialisent désormais des véhicules sans récepteur hertzien ou avec un accès à la radio reposant davantage sur des services connectés.
C’est là que se trouve une subtilité importante.
Depuis le 21 décembre 2020, une directive européenne impose qu’un autoradio intégré dans un véhicule neuf de catégorie M, lorsqu’il est présent, puisse recevoir et reproduire au minimum les services de radio numérique terrestre.
En France, cela correspond notamment au DAB+.
Mais le texte européen parle du récepteur intégré.
Il ne dit pas simplement : « chaque voiture neuve doit obligatoirement posséder un autoradio ». C’est cette nuance qui est aujourd’hui remise en question.
Le 16 juin 2026, le sénateur Laurent Lafon a déposé une proposition de loi relative à la modernisation de la radio.
Son article 2 est particulièrement clair.
Le texte proposé prévoit que les véhicules automobiles neufs destinés au transport de personnes soient équipés de terminaux permettant de recevoir la radio hertzienne :
en FM, mais également en numérique.
Autrement dit : FM et DAB+.
Attention cependant : ce n’est pas encore la loi.
Au 22 septembre 2026, le texte est toujours en première lecture au Sénat. Sa discussion en séance publique est programmée pour le 13 octobre 2026.
Ce serait une erreur de présenter le phénomène ainsi.
Le vrai changement est celui de la voiture connectée.
Les véhicules électriques sont particulièrement concernés parce que beaucoup ont été conçus autour d’une architecture très numérique : grand écran central, mises à jour logicielles, applications, streaming et connectivité permanente.
Mais rien n’empêche un véhicule thermique moderne d’adopter exactement la même philosophie.
La bonne question n’est donc pas :
« Est-ce encore un défaut de la voiture électrique ? »
Mais plutôt :
« Jusqu’où voulons-nous dépendre d’une connexion Internet pour les fonctions courantes de notre voiture ? »
Et chacun peut avoir une réponse différente.
Imaginez que vous essayiez une voiture chez un concessionnaire.
Vous ouvrez le menu audio.
Vous trouvez vos stations préférées.
Vous écoutez quelques secondes.
Votre conclusion sera probablement :
« La radio fonctionne. »
Mais vous n’avez pas forcément vérifié comment elle fonctionne.
C’est d’autant plus important lorsque le véhicule bénéficie, au moment de sa livraison, d’un essai de services connectés ou d’un accès temporaire à certaines fonctions.
Avec Tesla par exemple, les véhicules éligibles reçoivent un essai de Connectivité Premium à la livraison, dont les modalités peuvent varier selon le modèle, la finition, le millésime et la date de commande. Tesla précise également que la disponibilité des fonctions dépend du matériel installé.
Elle est très simple :
« Cette voiture possède-t-elle un tuner FM et DAB+ qui fonctionne sans connexion Internet et sans téléphone ? »
Pas :
« Est-ce qu’il y a la radio ? »
Parce que ces deux questions ne signifient plus forcément la même chose.
Et si le vendeur hésite, demandez-lui de désactiver temporairement le Wi-Fi et les données mobiles du véhicule. Vous saurez immédiatement ce qu’il reste réellement disponible.
Pas nécessairement.
Cela dépend encore une fois de vos priorités.
Si vous utilisez exclusivement votre smartphone, les podcasts ou les plateformes musicales, l’absence de tuner ne sera peut-être jamais un problème pour vous.
Vous pouvez également utiliser le Bluetooth de votre téléphone ou son partage de connexion.
Il ne s’agit donc pas de transformer ce détail en critère éliminatoire universel.
L’objectif est simplement de le savoir avant l’achat, plutôt que de le découvrir ensuite.
C’est d’ailleurs la philosophie que nous essayons d’appliquer avec MonVE : regarder les usages réels plutôt que décréter qu’un équipement est indispensable pour tout le monde.
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Pour l’usage quotidien, plusieurs solutions existent.
La dernière solution peut sembler très « ancienne école ».
Mais lorsque la Sécurité civile elle-même recommande une radio à piles dans le kit d’urgence, elle n’est finalement pas si absurde.
L’autoradio n’est évidemment pas le premier critère de choix d’une voiture.
Autonomie, recharge, budget, confort, espace disponible et usage quotidien resteront bien plus importants.
Mais c’est justement le genre de petit équipement que l’on considère comme acquis… jusqu’au jour où l’on découvre qu’il ne l’est plus.
Et pendant que vous vérifiez l’équipement de votre futur véhicule, pensez également aux accessoires dont vous aurez réellement besoin au quotidien. J’ai regroupé ceux que j’utilise et recommande personnellement sur :
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L’idée n’est pas de multiplier les équipements, mais de choisir ceux qui vous seront véritablement utiles.
Si vous ne deviez retenir que l’essentiel :
Les sources sont volontairement citées sans lien externe dans le corps de l’article.